Le dépistage, les cibles et les cinq leviers
Le calendrier canadien de dépistage du diabète de type 1, à quoi ressemble vraiment la réussite et les cinq facteurs de risque qui comptent à long terme.
Voici la page pratique : les examens à prévoir, les cibles qui définissent la réussite et les cinq éléments qui, ensemble, façonnent le risque à long terme. Si vous en ressortez avec un rendez-vous en retard enfin pris, cette page aura fait son travail.
Le calendrier canadien : la vraie liste de choses à faire
| Quoi | À partir de quand | À quelle fréquence | En quoi ça consiste |
|---|---|---|---|
| Yeux | 5 ans après le diagnostic, dès 15 ans | Chaque année | Un ou une optométriste ou ophtalmologiste examine la rétine |
| Reins | Après 5 ans de diabète | Chaque année | Un échantillon d'urine et une prise de sang |
| Nerfs | 5 ans après la fin de la puberté | Chaque année | Un monofilament et un diapason sur les pieds |
| Pieds | Dès le diagnostic | Au moins une fois par année | Quelqu'un les examine comme il faut, sans chaussures ni bas |
| Cholestérol | Au diagnostic | Chaque année s'il n'est pas traité | Une prise de sang, à jeun ou non |
| Pression artérielle | Dès le diagnostic | À chaque visite | Cible : moins de 130 sur 80 |
Remarquez que tous les dépistages des petits vaisseaux sanguins (yeux, reins, nerfs) commencent à cinq ans. Les lignes directrices canadiennes ne s'attendent pas à ce qu'une personne nouvellement diagnostiquée ait quoi que ce soit à trouver.
À quoi ressemble vraiment la réussite (et ce n'est pas 100 %)
Voici les cibles de temps dans la cible issues du consensus international de 2019, ainsi que la cible d'A1C de Diabète Canada. Elles s'appliquent à la plupart des adultes, hors grossesse; les enfants, les personnes âgées et la grossesse ont leurs propres cibles, alors vérifiez les vôtres avec votre équipe.
- > 70 % de temps dans la cible, entre 3,9 et 10,0 mmol/L : environ 17 heures par jour
- < 4 % sous 3,9 mmol/L : environ une heure par jour, et moins de 1 % sous 3,0
- < 25 % au-dessus de 10,0 mmol/L : environ six heures, et moins de 5 % au-dessus de 13,9
- ≤ 7,0 % d'A1C, pour la plupart des adultes : la cible de Diabète Canada
Lisez les deux premières ensemble. La réussite, telle que la définissent les lignes directrices, comprend environ sept heures par jour hors de la cible et environ une heure en hypoglycémie. Si chaque lecture élevée vous donne l'impression d'un échec, la cible elle-même dit le contraire. Le perfectionnisme mène à l'épuisement, et les lignes directrices sont le meilleur argument contre lui.
La glycémie est le plus grand levier. C'est l'un des cinq.
Des travaux fondés sur le registre suédois modélisent les résultats selon le nombre de facteurs de risque, sur cinq, qui sont dans la cible; le risque augmente d'un cran pour chacun qui ne l'est pas. C'est une vraie bonne nouvelle, trop rarement dite : quatre des cinq se règlent lors d'un rendez-vous, pas à chaque repas.
La glycémie. Une A1C de 7,0 % ou moins, un temps dans la cible de plus de 70 %. C'est celui qui demande une attention constante.
La pression artérielle. Moins de 130 sur 80. Généralement un comprimé, vérifié à chaque visite.
Le cholestérol. Un C-LDL sous 2,0 mmol/L, ou réduit de moitié. Une statine est indiquée à partir de 40 ans, ou de 30 ans après 15 ans de diabète.
La protection des reins. Un IECA ou un ARA lorsque c'est indiqué. C'est l'intervention la plus efficace qui soit pour les reins, et elle agit indépendamment de la glycémie.
Ne pas fumer, et bouger régulièrement. Les deux font partie du même modèle que les quatre autres.
Il y a une limite honnête : même avec les cinq dans la cible, le risque rénal chez les personnes vivant avec le diabète de type 1 reste supérieur à celui de la population générale. Agir sur ces facteurs de risque réduit à peu près de moitié le risque supplémentaire, sans l'effacer. C'est tout de même un effet très important, et la plus grande partie ne dépend pas d'efforts de chaque instant.