La nicotine : cigarettes et vapoteuses
Pourquoi fumer et vapoter pèsent plus lourd avec le type 1, pourquoi la nicotine est si difficile à lâcher et pourquoi arrêter aide à tout âge.
La nicotine, c'est la lente. Elle cause rarement une urgence le soir même, alors il est facile de la ranger parmi les problèmes pour bien plus tard. Cette page explique pourquoi elle compte davantage avec le type 1, pourquoi elle change vos chiffres dès ce mois-ci et pas seulement dans quarante ans, et pourquoi il est si difficile d'arrêter, que vous n'ayez jamais commencé ou que vous fumiez depuis des décennies en pensant qu'il est trop tard.
La cigarette et vos vaisseaux sanguins
Le diabète touche lentement les petits vaisseaux sanguins. Le tabac fait exactement la même chose. Additionnez les deux et vous ne faites pas que doubler le risque : vous devancez ces dommages, possiblement de plusieurs décennies.
Ça se manifeste aux mêmes endroits que le diabète met déjà à l'épreuve :
- Les yeux. Un risque plus élevé d'atteinte de la rétine, la principale cause de cécité chez les jeunes adultes.
- Les reins. Un déclin plus rapide vers la dialyse ou la greffe.
- Les nerfs et les pieds. Un risque plus élevé d'engourdissements, de plaies qui guérissent mal et d'amputation.
- Le cœur. Un risque plus élevé de crise cardiaque et d'AVC, bien plus tôt qu'on ne s'y attendrait.
Ce qui change vos chiffres dès maintenant
C'est normal de ne pas trop s'en faire pour quelque chose qui pourrait arriver dans quarante ans. Alors voici ce qui compte dès ce mois-ci : la nicotine rend aussi votre corps résistant à l'insuline, si bien que la même dose travaille moins. Ça paraît dans vos lectures maintenant, pas dans des décennies.
Pourquoi la nicotine est si difficile à lâcher
Elle s'accroche tôt et ne lâche pas
Chez les jeunes, environ 5 mg de nicotine par jour, soit à peu près le quart d'une cartouche de vapoteuse, suffisent pour créer une dépendance. Et ça se produit dans un cerveau qui est encore en train de développer l'attention et la maîtrise de soi, un processus qui se poursuit jusqu'au milieu de la vingtaine.
C'est pourquoi la plupart des adultes qui fument aujourd'hui ont commencé avant l'âge de vingt ans, et essaient d'arrêter depuis. La dépendance dure bien au-delà de l'âge où elle a commencé. Après trente ans, ce n'est pas un manque de volonté qui vous retient.
Arrêter fonctionne à tout âge
Le fonctionnement des vaisseaux sanguins commence à s'améliorer en quelques semaines. La sensibilité à l'insuline s'améliore aussi : la même dose recommence à travailler davantage.
Les dommages s'accumulent avec le temps, alors ce sont toujours les années à venir que vous protégez. Arrêter à cinquante ans change encore à quoi ressembleront vos soixante ans.
Et le vapotage
Vapoter donne l'impression d'être la version inoffensive. Mais la nicotine est la même drogue, souvent à une dose plus élevée que dans une cigarette, et elle a les mêmes effets sur vos vaisseaux sanguins et votre sensibilité à l'insuline.
Soyons honnêtes sur ce qu'on ne sait pas. Ce qui manque au vapotage, ce n'est pas le risque. Ce sont les quarante ans de données qui permettraient de vous dire exactement quelle est l'ampleur de ce risque. Les effets de la nicotine, eux, sont bien établis; le portrait à long terme du vapotage, lui, reste inconnu.
Plus vous arrêtez tôt, plus votre corps se répare.
De l'aide gratuite pour arrêter
Ces deux lignes sont gratuites et couvrent autant le vapotage que la cigarette :
- Ligne J'ARRÊTE (Québec) : 1-866-527-7383
- Services d'abandon pancanadiens : 1-866-366-3667
Votre équipe de soins en diabète peut aussi vous aider, notamment pour voir comment l'arrêt pourrait changer vos besoins en insuline.